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ORIGINE


En 1987, la vie de l’initiatrice du Projet est profondément bouleversée suite à la lecture du livre du célèbre agronome Français René Dumont intitulé « L’Afrique noire est mal partie ». Elle y découvre les contraintes de l’agriculture tropicale que sont la jachère, le manque de technologies appropriées. En tant que fille d’un petit agriculteur prenant part aux travaux champêtres pénibles pendant les vacances, elle réalise que, 25 ans après la première publication de cet ouvrage, rien n’a changé. Elle décide alors de faire plus tard quelque chose pour remédier à cette situation et révolutionner l’agriculture africaine.

Alors qu’elle venait d’être orientée en série littéraire, celle qui rêvait de devenir avocat, décide de s’inscrire en série scientifique dans le but de pouvoir concevoir et fabriquer des outils pouvant permettre la mécanisation de l’agriculture. Devenue ingénieur du génie mécanique, elle opte finalement pour l’entreprenariat, envisageant gagner suffisamment d’argent pour créer plus tard des grandes exploitations agricoles. Ceci la conduit dans plusieurs secteurs d’activité que sont l’exportation de la ferraille, des déchets d’aluminium et du bois débité.

Dès l’an 2000, l’idée de se lancer dans la grande agriculture étant de plus en plus lancinante, elle se met à étudier les cultures pouvant être développées, et se penche sur les échecs des entreprises de renom telles que la SODEBLE (Société de Developement de la culture et de la Transformation du Blé), de la CELLUCAM ( Cellulose du Cameroun) et de la MIDEBOM (Mission de Développement de l’Embouche Bovine de Mbandjock). Elle réalise plus tard que ce projet dans l’agriculture doit être intégré avec un projet de transformation de viande bovine locale qu’elle avait déjà tenté de réaliser.

Alors que le nouveau Projet est encours de gestation depuis 6 ans, le discours du 10 Février 2006 du président de la République Son Excellence Paul Biya appelant la jeunesse camerounaise à une « nouvelle forme de patriotisme » la conduit à la décision de donner à ce dernier, une envergure proportionnelle non point à ses propres moyens financiers, mais aux défis à relever par le pays. C’est ainsi que nait le Projet Agroindustriel du Cameroun. La première version du Projet met un accent sur le développement des grandes plantations grâce à la mécanisation, les techniques culturales durables, l’amélioration de la productivité par l’irrigation, l’agriculture de précision, l’embouche bovine.

A la faveur de la proclamation 2014 Année Internationale de l’Agriculture familiale par l’Assemblée Générale des Nations Unies, elle prend conscience du fait que, le Projet tel que conçu, une fois réalisé répondrait certes au problème d’insécurité alimentaire et créerait des richesses, mais ne règlerait pas le problème de la productivité des petits agriculteurs, encore moins leur pauvreté ; ainsi, il y aurait d’un côté un méga entreprise mettant en œuvre les techniques les plus avancées, mais côtoyant une petite agriculture toujours faiblement productiviste. Elle se rend compte que, l’objectif visant à révolutionner l’agriculture africaine ne serait point atteint. Que faire ?

Elle obtient la réponse à cette question le 1er Juillet 2015, au cours d’une rencontre avec Madame Clémentine Ananga Messina, de regrettée mémoire, Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, par ailleurs ingénieur agronome, qui lui conseille d’impliquer les petits agriculteurs et d’adjoindre au projet l’arboriculture. Elle s’attèle alors à mettre ces précieux conseils en pratique, ce qui conduit à une nouvelle version du Projet véritablement inclusive.